Découvrir les réalités sonores du langage. Travail sur les syllabes en début d’année de Grande Section.

Ceci est la progression que je mène en classe. Je m’inspire de la méthode PHONO, Roland Goigoux, HATIER.

Etape 1 : segmenter les mots en syllabes. Compter les syllabes et les coder.

En général, cela est acquis en début de grande section mais il convient de retravailler cette compétence.

-         Frapper les syllabes des prénoms. Il est intéressant de tenir un rythme sur le djembé en reprenant les syllabes des prénoms : main droite : A – mé – lie. main gauche : sam. Dire les syllabes en les frappant sur le djembé.

-         Dire les prénoms des enfants en séparant exagérément les syllabes par des blancs : les enfants doivent dire de qui il s’agit.

-         Dire les prénoms en mélangeant les syllabes (phieso = sophie) : les enfants doivent trouver de qui il s’agit.

-         Dire que l’on va compter les morceaux de mots dans les prénoms, ce sont les syllabes.

-         A l’aide d’un imagier, faire matérialiser les syllabes par des jetons. Les faire dire en pointant chaque jeton-syllabe avec le doigt.

-         Compter les syllabes dans des mots. Activité à partir d’un imagier (proposer des paniers correspondant à un certain nombre de syllabes où il faut classer les images. On peut dessiner le chat sur le panier des mots d’une syllabe ; on dit que le chat est le gardien des mots d’une syllabe etc.)

-         Présenter le codage écrit des syllabes : la flèche représente le mot et les syllabes sont figurées par des paniers. S’entraîner sur des fiches écrites avec des images.

Etape 2 : Isoler une syllabe.

-         A l’aide d’un imagier, dire la première syllabe de chaque mot. Faire dire « ce mot commence par la syllabe …. ». Insister sur le vocabulaire : ce mot commence par, au début du mot on entend…. Bien insister sur le fait qu’on parle de la syllabe afin d’éviter la confusion avec le phonème que nous verrons ultérieurement.

-         Trouver des mots qui commencent par la même syllabe (donner la syllabe modèle)

-         Ajouter une syllabe au début des mots. Amusant à faire avec les prénoms. Exemple : ajoute « ma » au début de ton prénom. Cela permet de bien situer le début du mot « à l’oreille ». Beaucoup d’enfants ont du mal à distinguer le début de la fin du mot. Cela semble souvent apparemment acquis mais on se rend compte qu’il y a beaucoup d’erreurs lors d’une évaluation individuelle. Ainsi, si on demande « est-ce que matin commence comme Quentin ? » beaucoup d’enfants vont répondre oui parce qu’ils confondent début et fin de mot.

-         Supprimer une syllabe : à l’aide d’un imagier, faire matérialiser les syllabes avec des jetons. Les faire verbaliser pour bien en localiser la place. Supprimer la dernière syllabe et faire dire ce qui reste. Supprimer la première syllabe et faire dire ce qui reste. Commencer par des mots de deux syllabes. Avec 3 syllabes, il y a beaucoup plus de difficultés. Aide méthodologique (dire la syllabe muette dans sa tête).

-         Traces écrites : de nombreuses fiches peuvent être réalisées du type « dessine les paniers de syllabes puis colorie la syllabe où tu entends ma ». Il convient de réaliser certaines fiches en atelier dirigé afin de contrôler la compréhension et d’autres en activité autonome afin de s’entraîner. Ces fiches écrites ne suffisent pas à mener un apprentissage efficace. Elles servent à évaluer... Le vrai travail sur la conscience phonologique doit s'effectuer dans le cadre de manipulations et d'activités langagières.

Les activités décrites peuvent se mener en groupe collectif ou en atelier dirigé pour les manipulations. Cela ne suffit pas. Quotidiennement, au gré de nos lectures, nous rencontrons des mots et je questionne les enfants (trouver des mots qui commencent comme « lapin » - ici, il y a le mot « matin », est-ce que nous ne connaissons pas un mot qui commence comme « matin » ?)

Lien avec l’écrit : nous repérons sur les mots écrits certaines syllabes (exemple, le « ma » de maman). Nous l’analysons : dans « ma » j’entends le M qui fait [m] et le [a]. Nous en profitons pour montrer le fonctionnement du système alphabétique : j’enlève le « a » et le « o » vient le remplacer, ça se lit « mo » etc…

Nous glissons peu à peu de la syllabe vers le phonème de façon informelle. Nous effectuons quotidiennement des liens entre l’oral et l’écrit.

Toutes les études montrent qu'une conscience phonologique bien développée est nécessaire à une bonne réussite dans l'apprentissage de la lecture. Elle montrent aussi que l'apprentissage de la lecture développe la conscience phonologique. Ces deux compétences se nourrissent l'une l'autre. Il est donc nécessaire d'établir des liens entre l'oral et l'écrit.

Si ce travail est mené au quotidien, en fin d’année, la plupart des enfants ont perçu le fonctionnement du code et beaucoup déchiffrent des mots simples.

Etape 3 :

-         associer des syllabes : à partir des portraits grand format des enfants, nous réalisons des chimères. Nous séparons le haut du bas du visage puis nous créons de nouveaux enfants. Il faut alors leur donner un nouveau nom. Je propose de réaliser le même travail à partir des prénoms : nous allons découper les prénoms en syllabes et les mélanger. Exemple : Tho – mas et Ben- ja – min ; cela peut donner Thojamin, Benmas… Ce travail peut aussi se faire à partir d’images d’animaux.

En parallèle, nous apprenons le nom des lettres et le son que produisent les lettres. Cela se fait au gré de nos lectures et dans les activités rituelles quotidienne (écriture de la date en nommant le nom des lettres, écriture du nom des absents…). Utilisation du loto des lettres, construction d’un abécédaire. L’apprentissage du nom des lettres est liée aux activités d’écriture : on sait ce qu’on écrit.

Nous jouons souvent au jeu du pendu en l’adaptant. Je choisis le mot (en début d’année parmi les prénoms puis dans le dictionnaire de la classe et peu à peu avec des mots inconnus) et je trace autant de tirets que de lettres.

Premières observations : il y a 5 lettres. On élimine les mots qui n’ont pas 5 lettres (compétence travaillée : établir la distinction entre mot et lettre).

Les enfants doivent d’abord proposer les voyelles (affichées au tableau). Les bonnes sont placées, les absentes sont notées à part afin de ne pas les proposer deux fois.

On s’attaque aux consonnes.

Lorsqu’une syllabe est constituée, on fait une pause pour lire ce qu’on a : _ _ _g o u _ o u

nous avons la syllabe du milieu, je trace le panier en dessous et nous essayons de la lire. C’est gou.

Je donne un indice : c’est un animal, au milieu on a gou et ça finit par ou…

(Pendant cette observation, nous avons vu que O et U donne OU – j’établis le lien avec Kirikou ou loup affichés en classe)

Les enfants trouvent rapidement qu’il s’agit de Kangourou. Ils doivent donner les lettres qui manquent.

Je les aide : qu’entend-on au début de kangourou ? C’est comme dans Kirikou, il faut regarder comment commence Kirikou. Pour le son « an », c’est facile, on l’a dans « maman » ; qu’est ce qui donne « an » dans maman ?